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Film : Valse avec Bashir. De Ari Folman

Le titre de dessin animé indique de quoi il s’agit : déni de la mort quand sous les balles de sniper un soldat israélien danse - tout en mitraillant le vide - au milieu de portraits géants de Bashir Gemayel, soit la rencontre de la mort dans la guerre du Liban.
Le film part d’un cauchemar déclencheur fait par un ami du protagoniste principal, le réalisateur; le récit fait par cet ami pousse au rappel le réalisateur et amorce sa confrontation aux pans effondrés de sa mémoire. Le film est donc le reportage/témoignage d’une reconstruction de sa mémoire et en particulier des massacres de Chabra et chatila. Il y est fait nommément allusion à la dissociation – ce qui est assez rare pour être souligné.
La première partie du film est d’ailleurs un document quasi pédagogique sur la mémoire à long terme et le fait que des événements très traumatisants peuvent être oubliés très longtemps. Personne ici ne songera à ramener l’idée de « faux-souvenirs ». Pendant une bonne partie du film le narrateur ne se souvient pas, rien, radicalement effacé. Il finit par retrouver ses souvenirs grâce à autrui.
Personne n’aurait chanté les éloges d’un documentaire par un soldat israélien de sa réappropriation de mémoire traumatique. Ce qui fait la grandeur du documentaire c’est la présence de l’interrogation sur le sens de la vie en relation avec la mémoire. La forme bande- dessinée aussi accentue la dissolution de la frontière souvenir/réalité présente et permet une unité de forme entre le passé et le présent. A noter que bien que dessinés les témoins mettent leurs voix sur les dessins qui les représentent. Nulle emphase, pas d’apologie de la guerre pas de discours antimilitariste ou proisraélien ; juste une puissante humanité face ç la souffrance induite par la guerre. Encensé par la critique cinéphilique, c’est ici qu’on voit le fonctionnement possible d’une personnalité apparemment normale avec une magnifique amnésie dissociative. A voir absolument pour le film mais surtout pour sa qualité.
Par Serge Goffinet.


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